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Créé le 20/01/2012 à 13h16. Course le 22 janvier
Chaque année, les amateurs de trot monté attendent du Prix de Cornulier qu'il départage les meilleurs chevaux de la discipline. Comme le Prix d'Amérique et le Prix de l'Arc de Triomphe, la course fait office de Saint-Graal, de championnat du monde pour les trotteurs sellés. Problème : cette année, aucun crack ne pointera le bout de son nez dans la course. La faute à des blessures (Scipion du Goutier), des absences dommageables (Pinson, Picsou de Villabon), des congés maternités (Olga du Biwetz la tenante du titre). La faute aussi au règlement qui interdit aux hongres de participer aux Groupe I. Une interdiction qui s'explique (promotion et préservation de la race), que l'on peut même juger nécessaire, mais qui, plus encore que dans les autres disciplines, s'avère préjudiciable au spectacle puisque les meilleurs trotteurs sous la selle sont des hongres. Quemeu d'Ecublei, Roi du Lupin (à droite), Sourire Voutré, Riglorieux du Bois... Autant de champions qui n'auront pas les honneurs de ce match au sommet. On est en droit de le regretter...
D'autant que le Cornulier ne reconnait qu'un seul mode de qualification : le compte en banque. Or, l'absence de cracks attise toutes les convoitises cette année, même celles des non-spécialistes de la discipline. Pour Quilon du Châtelet, Quéroan de Jay, Quif de Villeneuve, Punchy, Yarrah Boko et Robert Keeper ce Cornulier sera même leur première course de monté ! Un tiers des partants inédits sous la selle ? Une situation un peu aberrante qui barre mécaniquement la route de certains spécialistes (le nombre de partants étant limité à 18) et qui nie surtout les spécificités de cette discipline. L'audace peut évidemment payer (surtout cette année), mais quid de l'image du trot monté si un pur attelé venait à l'emporter ? On nous répondra que la chose a peu de chance de se produire, qu'il est toujours très difficile de débuter dans le Cornulier, mais alors à quoi bon s'y essayer, complexifier la lecture de la course et empêcher les vrais trotteurs montés d'y participer ? On pourrait envisager, comme ce fut le cas sur le plateau de l'Equidia Turf Club (voir ci-dessous, à 22'30), d'instaurer un système qualificatif (comme dans le Prix d'Amérique) ou tout du moins d'exiger que les concurrents ait gagné une certaine quantité d'argent au monté pour valider leur engagement. Une idée à creuser si l'on veut que ce Groupe I garde l'aura qu'il mérite...
Equidia Turf Club : débat sur les qualifications au Cornulier à 22'30
Dans les conditions si particulières de cette année, à quelle course faut-il s'attendre ? Si l'on met de côté les inédits parmi lesquels seul Quif de Villeneuve semble en mesure de faire un résultat, nous reste 6 trotteurs de talents et 6 vrais spécialistes. Dans le premier lot, on retrouve Paladin Bleu et Private Love (une sortie chacun), Trotting Race (4 tentatives dont deux victoires), Récia du Closet (5 courses dont deux victoires), Paris Haufor (6 courses dont une victoire), mais surtout Save the Quick (à droite). Déjà redoutable à l'attelé (elle a notamment battu Sévérino), la jument de Franck Leblanc a plus que convaincu sous la selle en restant invaincue en trois tentatives dans des Groupe (dont le Prix de Normandie, Groupe I). Elle arrivera dans ce Prix de Cornulier dans une position de favorite et de cheval à battre.
Honnêtement, on ne voit guère qu'un vrai spécialiste pour lui donner la réplique le jour J. Et parmi Tango Quick, Opale du Gaultier, Royale du Perthois, Prince de Montfort, Rombaldi et Oyonnax, seuls les deux derniers semblent en avoir les moyens. De loin le plus riche du lot, déferré des 4, débarrassé des grands cracks de la discipline, Oyonnax se voit offrir une chance unique d'enrichir son palmarès d'une dernière course prestigieuse. 3e de l'édition 2009, 4e de l'édition 2011, vainqueur du Prix d'Amérique 2010, le protégé de Vincent Brazon sera le plus expérimenté du plateau, un statut qui peut avoir son importance dans une course aussi incertaine et illisible que celle-ci. Reste le cas Rombaldi. Leader de sa génération à 4 et 5 ans, promis aux ors de la discipline, le cheval a connu des soucis de santé et une année presque blanche en 2011. Il n'a couru que 4 fois dans ce meeting d'hiver, avec trois disqualifications à la clé. Dans ces conditions, difficile d'en faire un coup sûr, mais sur son talent intrinsèque, déferré des 4 et monté par Matthieu Abrivard, ce genre de concurrents est toujours capable d'une résurrection. Vu son profil, ce Cornulier pourrait bien nous réserver des surprises...
Crédits photos : APRH
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