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Le blog de Céline Gualde depuis Genève !

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En direct de Genève, Céline Gualde vous fait partager les finales Coupe du Monde de Genève comme si vous y étiez ! Coulisses, impressions à chaud, coup de coeur... N'hésitez pas à réagir !

   

Le Classement final : et le champion du monde est...

   
  Cavalier Nationalité Cheval Points
         
1 Marcus Ehning GER Notes Küchengirl / Plot Blue 6
2 Ludger Beerbaum GER Gotha 7
3 Pius Schwitzer SUI Carlina / Ulysse 7
4 Luciana Diniz POR Winningmood 9
5 Dermott Lennon IRL Hallmark Elite 10
6 Mario Deslauriers USA Urico 13
7 Kevin Staut FRA Silvana 14
8 Richard Spooner USA Crsitallo 14
9 Chirs Chugg AUS Vivant 14
10 Rolf Bengtsson SWE Quintero la Silla 15
   

Maudit Mclain - Samedi 17 avril, 17h15

       
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La nouvelle est tombée samedi matin : McLain Ward, Champion olympique par équipe, leader de la Coupe du monde, disqualifié de la finale de Genève ! Lui le grand favori, dont les parcours vendredi soir étaient tellement parfaits qu’il semblait imprenable ! On le voyait déjà avec le trophée dans les mains, devenant le premier américain à remporter la Coupe du monde depuis Katharine Burdsall (The Natural) en 1987…

J’ai d’abord cru à une erreur sur les feuilles de classement où son nom ne figurait plus. Puis je l’ai vu, tout en bas de la feuille, paré de cette inscription définitive : ELI pour éliminé. McLain s’était-il trompé de parcours ? Avait-il mal franchi un obstacle, sans que Michel Robert et moi, au poste de commentaires, nous en soyons rendu compte ?

Non, McLain a été éliminé car sa jument Sapphire a « échoué » au test de la caméra thermique. Cet appareil, en vogue depuis les derniers Jeux Olympiques (ou plusieurs cavaliers ont été éliminés car on les suspectait d’avoir utilisé des produits sensibilisants sur les membres de leurs montures), sert à détecter des zones de chaleur anormales sur les jambes des chevaux. Sapphire a été testée une première fois avant l’épreuve de vendredi : l’un de ses antérieurs a été jugé très sensible, mais les vétérinaires ont considéré que la fille de Darco était apte à concourir. Elle a été testée de nouveau après l’épreuve, à minuit trente, et là, les vétérinaires et la FEI ont décidé que son antérieur était vraiment trop sensible, et qu’il fallait exclure Sapphire de la compétition, dans son propre intérêt. Pour autant, McLain Ward n’est pas suspendu, et pourra participer ce soir au grand prix du Crédit Suisse avec un autre cheval – une épreuve hors Coupe du monde.

Ce matin, les Américains ont organisé une conférence de presse à Palexpo. Sapphire était là, jambes nues, sans guêtres, pour qu’on puisse bien voir que ses antérieurs ne portaient ni rougeurs ni marques. La jument était calme et poussait l’épaule de son cavalier du bout du nez. McLain, effondré, invitait les journalistes à toucher les membres de sa jument. Cavalier surdoué et plein d’esprit, il est desservi par sa réputation sulfureuse : il a été interdit de compétition, il y a une bonne dizaine d’années, après qu’on l’apris en flagrant délit de « barrage » de son cheval. Son père est allé en prison pour escroquerie. Une sale affaire où il était question de chevaux tués pour toucher leur prime d’assurance…

Pour autant, McLain est-il coupable ? Cette jument, aérienne hier, si sûre, si forte, a-t-elle pu être « bricolée » ? L’Américain jure qu’il est innocent, que ses condamnations passées lui ont servi de leçon et qu’il aurait fallu qu’il soit totalement stupide pour tricher de nouveau, au risque de se faire prendre. Il n’a, sur le plan règlementaire, pas le droit de faire appel. La Fédération internationale a d’autre part refusé tous les examens supplémentaires que les Américains demandaient : faire des prélèvements sur les membres de Sapphire, lui faire repasser des tests ce samedi matin, etc… Pourquoi cet étrange refus ? La FEI organise une conférence de presse à 18H et on en saura peut-être davantage. Mais on espère que McLain Ward n’a pas été immolé sur l’autel du sport propre, à la va-vite. Sapphire a 15 ans, et une belle longévité sportive : l’un de ses membres ne peut-il être naturellement plus sensible que l’autre, d’autant qu’on n’a plus vraiment de possibilité de soulager les douleurs des chevaux ? Les tests qui consistent aussi à tapoter les jambes de ces cracks, par essence très dans le sang et réactifs, ont-ils une véritable valeur scientifique ? « Même si je suis innocenté, personne ne pourra me rendre cette victoire qui me tendait les bras et qui devait être l’apothéose de ma carrière. Cela ne m’arrivera peut-être plus jamais d’être leader de la Coupe du monde. » a dit en substance McLain Ward.

D’autres cavaliers s’inquiètent. Ils ont l’impression que cette caméra thermique peut faire d’eux des bannis à tout moment, parce que leur cheval aurait une jambe plus chaude que l’autre, sans pour autant qu’ils l’aient maltraité. Mais on entend aussi beaucoup de « McLain Ward a encore sévi ? Il devrait avoir honte », etc, dans les travées de Palexpo.

Doit-on considérer qu’on homme retrouve tout son crédit lorsque, ayant purgé une condamnation, il a payé sa dette à la société ? Ou bien cet homme est-il marqué au fer rouge, et considéré comme suspect, quels que soient son évolution et ses actes ? C’est une question philosophique qui dépasse largement le cadre d’un terrain de compétition ou d’une finale Coupe du monde…

  Céline Gualde
 
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Un monde en soi - Samedi 17 avril, 12h30

   
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Les avions ne volent pas, et alors ? Un volcan se fâche en Islande, il paraît ? Nous sommes happés par l’ambiance de Palexpo. Nous vivons à l’heure de la finale de saut d’obstacles, et les échos du monde extérieur ne nous parviennent que par bribes, en sourdine. Le monde de l’équitation est comme un cirque, une caravane qui s’ébranlerait chaque semaine, se déplaçant, cahin-caha, d’un terrain de concours à l’autre. Ce sont les mêmes gens que l’on croise, les mêmes acteurs à Paris, Bordeaux, Vigo, S’Hertogenbosch... On arrive sur un concours, on passe son accréditation autour du cou, précieux sésame, et ensuite on quitte - momentanément en ce qui me concerne- le vrai monde et la vraie vie.

Je ne suis que journaliste et mes passages sur les terrains sont plus ponctuels que ceux des meilleurs cavaliers du monde, dont je relate les pérégrinations sur Equidia. Je suis donc sans doute moins « déphasée » qu’eux, qui n’ont pour la plupart qu’une connexion lointaine avec l’actualité et le monde extérieur. Un terrain, un hôtel, puis un avion, un autre concours, un autre hôtel… C’est leur vie.

Les avions ne volent toujours pas ? Ah bon ? Alors nous serons peut-être obligés de dormir à Genève dimanche soir… Pour l’instant nous n’avons de toute façon pas envie de partir, tant la compétition est prenante. Hier soir, la deuxième épreuve de la finale – un Grand Prix, en fait- était absolument géniale. Je l’ai commentée au côté d’un Michel Robert inspiré, aux analyses subtiles. Ont défilé devant nous les « pilotes » qui animent tous les week-ends d’Equidia, mais pas qu’eux, et c’était tout le charme de l’affaire, justement. Ici, la caravane des cavaliers a ouvert sa porte à des invités surprise, les représentants d’autres ligues – Pacifique, Europe de l’est…- qualifiés eux aussi pour la finale. L’Australien Chris Chugg nous a bluffés avec son bel étalon, Vivant. Son voyage, son séjour en Europe lui coûtent aux alentours de 70 000 euros, mais à 49 ans il en fait le sacrifice, pour le bonheur d’être là et de savourer sa chance de fouler un tel terrain. Quel enthousiasme, ce Chris, quel sourire, même s’il sort de piste avec quatre points !

Dépaysante aussi, l’Américaine Hillary Dobbs, étudiante à la brillante université de Harvard, fonceuse, avec un style si particulier : étriers chaussés courts, elle s’assoit littéralement sur le troussequin de sa selle ! Bref, Michel Robert et moi-même avons vécu tout cela, idéalement positionnés sur notre perchoir tout en haut des gradins. Nous avons savouré aussi le tour magnifique de Patrice Delaveau, pilote subtil et instinctif, capable de canaliser les ardeurs et le tempérament farouche de Katchina Mail. Avec un sans faute et un parcours à un point de temps dépassé, Patrice est 4ème et meilleur français au classement général !

Enfin, un mot sur le parcours de Steve Guerdat. Quel bonhomme, si jeune, mais avec un talent de dingue et tellement d’obstination ! Il est charmant, dans la vie, mais rogneux, battant, avec une volonté jamais démentie d’être devant. Sa façon de parler, très particulière, est tout à fait représentative de son tempérament : chez Steve, les mots sortent par salves, les phrases sont coupées brusquement après la virgule, puis reprennent sur un ton singulier, un peu chantant. La parole d’un homme pressé, qui aurait toujours une foulée d’avance sur l’instant présent.

Le grand atout de Steve Guerdat c’est d’avoir, pour escorter cette ambition énorme, une bonne dose d’intelligence. Elle l’aide à bien gérer ses chevaux, sans surchauffe. Jalisca Solier a commis deux fautes dans le premier acte de la finale, le parcours de vitesse, jeudi. Un affront pour l’orgueilleux Guerdat ! En réaction, il a signé hier soir avec Trésor deux tours somptueux, dont un barrage surréaliste dans son tracé. Guerdat partait en N°2, mais personne parmi ses 7 poursuivants n’a vraiment cherché à le courser. Steve a gagné devant son public, et Palexpo méritait bien ce bonheur-là !

Le classement général à l'issue de la 2nde manche ci-dessous...

(Tous les classements sur le site officiel de la compétition)

  Céline Gualde
 
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Le classement général à l'issue de la 2e manche

   
  Cavalier   Cheval Total
1 Mario Deslauriers (USA)
 
     
 
Urico 0
         
2 Marcus Ehning (GER)
 
Noltes Küchengirl 2
Plot Blue
         
3 Pius Schwizer (SUI)
 
Carlina 3
Ulysse
         
4 Patrice Delaveau (FRA)
 
     
 
Katchina Mail 4
         
5 Luciana Diniz (POR)
 
Winningmood 5
         
5 Rodrigo Pessoa (BRA)
 
Let's Fly 5
         
7 Kevin Staut (FRA)
 
     
 
Silvana 6
         
7 Marco Kutscher (GER)
 
     
 
Cash 6
         
9 Rolf-Göran Bengtsson (SWE)
 
     
 
Quintero La Silla 7
         
9 Ludger Beerbaum (GER)
 
     
 
Gotha 7
         
9 Steve Guerdat (SUI)
 
Jalisca Solier 7
Tresor V
         
12 Philipp Weishaupt (GER)
 
     
 
Catoki 9
         
12 Rich Fellers (USA)
 
     
 
Flexible 9
         
14 Chris Chugg (AUS)
 
     
 
Vivant 10
         
14 Dermott Lennon (IRL)
 
     
 
Hallmark Elite 10
         
16 Daniel Etter (SUI)
 
     
 
Peu a Peu 12
         
16 Natale Chiaudani (ITA)
 
     
 
SNAI Seldana di Campalto 12
         
18 Niklaus Schurtenberger (SUI)
 
     
 
Cantus 13
         
19 Richard Spooner (USA)
 
     
 
Cristallo 14
         
19 Todd Minikus (USA)
 
     
 
Pavarotti 14
         
21 Jane Richard (SUI)
 
     
 
Zekina Z 15
         
21 Michael Whitaker (GBR)
 
     
 
GIG Amai 15
         
23 Lauren Hough (USA)
 
     
 
Quick Study 17
         
24 McLain Ward (USA)
 
     
 
Sapphire 18
         
25 Svante Johansson (SWE)
 
     
 
Caramell KS 20
         
25 Beat Mändli (SUI)
 
     
 
Louis 20
         
27 Michelle Spadone (USA)
 
Cadence 21
Melisimo
         
27 Pénélope Leprevost (FRA)
 
     
 
Mylord Carthago*HN 21
         
29 Ljubov Kochetova (RUS)
 
     
 
Aslan 23
         
29 Darragh Kenny (IRL)
 
     
 
Obelix 23
         
29 Ken Berkley (USA)
 
     
 
Carlos Boy 23
         
29 HRH Prince Abdullah Al Saud (KSA)
 
     
 
Mobily Allah Jabek 23
         
33 Joie Gatlin (USA)
 
     
 
Camaron Hill's Quick Dollar 26
         
34 Edwina Alexander (AUS)
 
     
 
Cevo Itot du Château 27
         
35 Karen Cudmore (CAN)
 
     
 
Southern Pride 28
         
36 Hillary Dobbs (USA)
 
     
 
Quincy B 29
         
37 Andres Rodriguez (VEN)
 
     
 
Larkanaro 30
         
38 Tiit Kivisild (EST)
 
Cinnamon 32
Torrero
         
39 Benas Gutkauskas (LTU)
 
     
 
Quick-Jet 34
         
40 Alberto Martinez (MEX)
 
     
 
Leonard 35
         
40 Albert Zoer (NED)
 
     
 
Samurai 35
         
42 Rein Pill (EST)
 
     
 
Virgin Express 36
         
- Abdullah Al Sharbatly (KSA)
 
     
 
Goldex 8
   

Voir Genève et...- Vendredi 16 avril, 15h40

   

Il n’y a pas plus beau concours que celui-là. C’est du moins mon point de vue, totalement partial bien que basé –aussi- sur des considérations journalistiques ! Le concours de Genève, antre de cette finale Coupe du monde 2010, est beau comme un enfant métis. Il a été enfanté par une équipe de vrais pros de l’organisation, mais qui forment en même temps, et c’est leur « plus », une bande de copains réalisant ici leur rêve de gosse. Ici, c’est leur terrain de jeu.

On vous a déjà parlé de la piste de Genève, immense, parée d’un geyser insolent, sur laquelle les cavaliers pénétraient après qu’un solennel rideau de velours rouge se soit ouvert devant eux. Un incroyable théâtre pour le sport.

C’est ici que, lors d’une finale précédente, j’ai vu triompher E.T., monté par Hugo Simon, après un barrage d’anthologie, un bras de fer contre un autre crack, aux antipodes du minuscule alezan : le géant blanc Calvaro, 1,86m au garrot, des foulées gigantesques, une puissance quasi-monstrueuse qui déclenchait des vagues de « oh ! » dans le public. E.T. était agile, audacieux, un petit chat. Calvaro était timide, avec un côté « Rantanplan ». Un « taiseux », comme son cavalier Willi Melliger. Ce barrage à deux, cette finale de rêve… J’ai l’impression que c’était hier. Mais ce matin, en consultant mes archives, houlà ! J’ai réalisé qu’elle s’était déroulé en 1996… Il y a déjà 14 ans.

Si je n’ai pas vu le temps passer, c’est avant tout parce que Genève n’a pas vieilli ! Même bande de copains-organisateurs, même si de petits nouveaux ont intégré le cercle, des gens étonnement jeunes, pleins d’envie. Cette année le concours a fait peau neuve, changeant de hall aux Parc des expositions Palexpo, tout près de l’aéroport. Sa piste octogonale ressemble à un diamant. Elle fait 4.800 m² ! Le budget de l’événement est de 7,6 millions des Francs Suisses (5,3 millions d’Euros). Mais malgré l’argent, malgré le luxe, Genève ne se prend pas la tête. Ici on veut servir le sport et recevoir les visiteurs. Le but est vraiment d’accueillir, de partager.

On sent très bien sur place cette générosité qu’il est difficile de vous décrire. On l’entend dans les notes de l’orchestre de jazz, on la boit en même temps qu’un verre de vin suisse... Alban Poudret, directeur sportif du concours, est aussi LE journaliste de référence dans la presse équestre. Il peut vous raconter avec moult détails des parcours olympiques qui se sont déroulés bien avant sa naissance. Ne pensez pas qu’Alban brode ou invente : il a juste lu des centaines d’articles, de récits, et compulsé les milliers de photos d’équitation qui composent sa collection personnelle. Une bible, qui nous fit l’amitié d’être le consultant d’Equidia lors de certaines épreuves de saut d’obstacles des derniers Jeux Olympiques. Hier Alban m’a dit : « On a voulu tout changer pour cette finale. On a rassemblé toute l’équipe et on a décidé d’organiser exactement le concours de nos rêves. On s’est dit : de quoi rêve t-on ? Et on a couché tous nos désirs sur le papier. » Voila comment est née cette finale 2010 de la Coupe du monde. Les fées de l’équitation se sont penchées sur son berceau. Elle aura c’est sûr du cœur et du coffre ! J’espère que ce soir, au poste de commentaire, Michel Robert et moi-même saurons vous en faire ressentir l’esprit.

  Céline Gualde
 
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