Autres sports équestres Equitation de travail: entre sport et tradition

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Créé le 18 février 2016

L’équitation de travail, quèsaco? On imagine vaguement des chevaux, du bétail parfois, mais quoi de plus? Petit tour d’horizon des différentes disciplines de cette monte particulière et traditionnelle.

L’équitation de travail concerne tout ce qui touche au bétail. Elle réunit plusieurs montes dites « traditionnelles » : l’équitation de travail italienne, l’équitation Camargue, la Doma Vaquera, l’équitation portugaise et l’équitation western.

Comme toute autre discipline, l’équitation de travail se pratique en compétition, comporte des règles et différentes épreuves. Les compétitions se déclinent en quatre étapes : la reprise de travail, la maniabilité technique, la maniabilité chrono et enfin le tri de bétail. Christine Aymes, vice-championne de France 2014 d’équitation de travail, explique: « elles s’organisent dans un ordre particulier. La reprise de travail, similaire à une reprise de dressage, et la maniabilité technique arrivent en premier car le cheval est dans le calme et concentré. Vient ensuite la maniabilité chrono, épreuve dans laquelle le cheval peut être plus énergique et avoir quelques débordements, comme dans le tri. »

Les épreuves

Dans le détail, la reprise de travail peut être comparée à celle que l’on connait dans le circuit « classique ». Des figures sont imposées mais il n’y a pas de lettres. Le travail classique et la monte de travail sont mélangés. Cette épreuve est particulièrement difficile à noter. Comme l’explique Julien Gonfond, vice-champion de France 2015 et cavalier international, « la reprise de travail est très difficile à noter. Les montes de différentes origines s’affrontent et elles ne se ressemblent pas du tout. » Cependant, Christine Aymes précise que les juges ont des formations pour pouvoir juger ces épreuves. En effet, chaque mouvement est spécifique à sa monte. « Une pirouette camargue sera différente d’une pirouette de Doma Vaquer ou d’un spin western. Juger ces épreuves est un travail délicat. »  Les tenues traditionnelles de chaque culture sont obligatoires pour les amateurs.

La maniabilité évalue les changements de pieds, les déplacements latéraux, l’ouverture et fermeture d’une porte, etc… soit tout ce qui sert au travail. Pour l’épreuve technique les participants sont jugés sur leur attitude et celle du cheval, puis l’épreuve chronométrée est, comme son nom l’indique, celle de vitesse.

Le tri de bétail, enfin, n’est réalisé que sur les plus gros concours. On donne au concurrent le numéro d’une vache qu’il doit trier (c’est-à-dire séparer des autres) dans un temps imparti.

Quel avenir ?

Les deux champions sont optimistes quant à l’avenir de leur discipline. Christine Aymes a créé en 2009 une structure dédiée à la monte de travail Camargue. Elle observe depuis plusieurs années un regain d’intérêt pour cette équitation particulière. « Je pense que c’est une équitation qui est adaptée aux adultes. Beaucoup veulent monter à cheval mais ne se sentent pas à l’aise avec les disciplines « classiques ». L’équitation Camargue est adaptée à cette demande. En cela, elle gagne en popularité. »

Julien Gonfond, quant à lui, tient un élevage mais sort également beaucoup en concours et promeut l’équitation de travail, notamment Camargue. Il a participé aux championnats d’Europe Amateurs au Portugal en 2015. « L’équitation de travail se développe, rassure-t-il, beaucoup de gens y trouvent une alternative ludique à l’approche « classique » qu’on peut avoir des chevaux. »

Tous deux s’attellent à changer la vision de l’équitation de travail en France, un processus qui semble déjà être en marche.

 

Crédit photo: Les Gardians de Crau