Bold Eagle, le prince fainéant

Créé le 23 janvier 2017

Battu par Lionel en février, puis par Traders en novembre, Bold Eagle nous ferait presque oublier qu'il est né pour gagner. Mais associé à celui qui menait son père au succès quelques années plus tôt, le champion n'a pas fini de marquer l'histoire. Objectif Amérique. Encore. Et encore ?

Bold Eagle. L’aigle audacieux. Pourtant, d’audacieux, il n’a que le nom. Né de l’union de Ready Cash et d’une fille de Love You, le poulain brun voit le jour dans l’élevage de Jean-Etienne Dubois, fabriquant de champions de la trempe de Cocktail Jet. Pas le pire des départs. Débuté à son rythme, Bold attaque timidement avant de comprendre les règles du jeu : « the game is on« . Premier au poteau, premier dans le camion, le jeune cheval s’amuse toujours plus de son talent au fil des kilomètres qu’il parcourt. Couronné semi puis classique à 3 ans, l’aigle ne marche plus dans les traces de son père mais s’envole. Une ambition qui tape dans l’œil de businessman de Pierre Pilarski. L’homme aux fast-food s’offre assez de parts du poulain pour voir sa casaque flotter au vent.

Pierre Pilarski, heureux propriétaire
Pierre Pilarski, heureux propriétaire

Toujours amusé de sa suprématie, le nouveau pensionnaire de Sébastien Guarato enfile les victoires comme on enfilerait des perles. 12 consécutives. Mais voilà, dans  le Prix Gaston Brunet, préparatoire au Critérium des 4 ans, il se rate. Deux vitesses de moins que d’habitude dans le tournant final, Bold Eagle laisse filer Brillantissime et consorts au poteau sans lui,  relançant ainsi tout l’enjeu sportif à l’approche du tournoi générationnel à venir.


4 mois de repos plus tard, le petit Prince a repris du poil. Et de l’envie. Dissipé à souhait au heat, il se presse de grossir sa collection de victoires en piste, pour le plus grand bonheur de son entourage qui se professionnalise encore un peu plus dans la relation aux médias. Le 31 janvier 2016, l’aigle s’offre sa 21e victoire. Et Sébastien Guarato est désormais un entraîneur capable d’offrir l’Amérique. En bon joyau qu’il est, Bold Eagle vise la couronne, la triple couronne, celle qui regroupe les Prix d’Amérique, de France et de Paris. Mais comme tous les ados, le jeune cheval tombe sur un gros dur qui lui met une raclée. Sa brute à lui s’appelle Lionel. A cheval entre jeunesse et la maturité, Bold accuse le coup. Et bénéficie de nouveau de 4 mois de break.


De février à juin 2016, les questions fusent alors dans l’inconscient collectif : est-il un peu fatigué ? Il faut dire qu’à 5 ans, il a déjà connu une flopée de gros combats : 17 courses de groupe pour seulement 2 faux pas (un et demi). Est-il un peu blasé ? Parce que même si Lionel est un champion, Bold Eagle n’a pas pour habitude de se laisser dépasser. Son règne était-il éphémère ? Parce que c’est quand même un fils de Ready Cash entouré des meilleurs professionnels. Une succession de réflexions avortées au poteau de Prix Louis Jariel 2016. En dominant de nouveau sa génération, Bold Eagle rappelle au monde que c’est un champion. Point barre.


Une maturité qu’il affirme de course en course, jusqu’à ce Prix Marcel Laurent du 10 novembre 2016. Sage à l’échauffement, le champion de Pierre Pilarski nous montre une nouvelle facette de lui. Plus posé, moins fougueux. Moins joueur aussi ? Le fait est qu’à l’arrivée, il est derrière Traders. D’un rien, mais derrière. Pourtant, s’il ne s’offre pas la victoire, il s’offre néanmoins son meilleur chronomètre : 1’10’1. Alors, appliqué ou pressé de rentrer ?


Premier des Prix du Bourbonnais et de Bourgogne les 2 mois suivants, le fils de Ready Cash gagne toujours plaisamment… Mais différemment. Moins fougueux, moins cavalier seul, Bold Eagle accorde sa confiance à celui qui menait son père au succès quelques années plus tôt : Franck Nivard. A son écoute de l’échauffement à la ligne finale, le cheval de désormais 6 ans se ménage. Pour aller plus loin, comme dans l’expression « Qui veut aller loin ménage sa monture » ?

S’il gagnait l’Amérique 2017, Bold Eagle rejoindrait son père, double-vainqueur de la Belle, dans l’Histoire… Mais avec une année d’avance. Moins d’énergie pour plus de résultats ? Voilà la formule gagnante d’Ourasi, « Le Roi Fainéant », le plus titré avec 4 victoires dans la belle. Et si elle était là son audace ?


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