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« Galop Marin est devenu le cheval de tous »

Entré dans l’histoire il y a trois semaines en devenant le premier cheval à remporter quatre fois le Grand Prix d’Automne, Galop Marin sera au départ dimanche du Prix Olry Roederer. L’occasion pour nous d'échanger avec son jockey Morgan Regairaz.

A quel moment avez-vous su qu’il pouvait devenir le cheval de votre carrière ?

" Quand il a remporté son premier Groupe 1, à 6 ans (NDLR : son premier Grand Prix d’Automne (Gr.1) en 2018), il a passé un palier. Ce jour-là, il était le grand favori, je n’avais pas le droit de perdre la course.
A 4 ans, c’était un cheval stressé. On a mis du temps à le comprendre et je pense qu’on est passé à côté de son année. Aujourd’hui, il est encore plus fringant qu’à l’âge de 6 ans. Mais en course seulement, car le matin, il se préserve. C’est sans doute ce qui explique sa longévité. N’oublions pas qu’en plus de L’Autonomie, il a dû affronter De Bon Cœur, Alex de Larredya et tous les Anglais qui venaient courir nos Groupes 1 avec des ambitions. "

Le fait de vous connaître par cœur mutuellement peut-il être un point faible parfois ?

« Il faut toujours rester vigilant bien sûr, mais il connaît vraiment Auteuil comme sa poche. Parfois, il prend son appel beaucoup trop tôt, mais je sais qu’il est capable de se rattraper. Il est quand même irréprochable dans l’ensemble. C’est moi qui ne dois pas faire de bêtises. »

Avant le Grand Prix d’Automne, vous étiez plutôt détendu, non ?

" De nature, je ne suis pas quelqu’un de stressé. Mais là, je l’étais pour la première fois parce que je tenais vraiment à ce qu’il entre dans l’histoire. On avait établi un plan bien précis pour tenter de battre L’Autonomie, car rien n’était joué d’avance. Avec Dominique (NDLR : Bressou), on n’arrêtait pas de se creuser la tête à imaginer tous les scénarios possibles. Puis il m’a dit : " Ne te mets pas la pression, monte le pour être 2e ! ". Il m’a enlevé un poids, car plus on approchait de la course, moins je dormais la nuit. "

Maintenant qu’il est entré dans l’histoire, on peut dire que le reste c’est du bonus ?

" Oui en effet. Quand on est revenu au rond après sa victoire, Monsieur Papot nous a fait remarquer que les gens partageaient notre joie, comme si Galop Marin leur appartenait aussi. "

Beaucoup pense que L’Autonomie est meilleure que Galop Marin qui se transcende surtout à l’automne, êtes-vous du même avis ?

" Non pas forcément. Même s'il n’est pas le même cheval en fin d’année, il y a souvent des paramètres en faveur de la jument : elle porte moins de poids et elle est meilleure dans les préparatoires qui se courent sur plus court. "

Dimanche, l’opposition du Prix Olry Roederer (Gr.2) semble vraiment être à sa portée ?

" Oui, il ne devrait pas avoir de mal à s’imposer, même s’il faut toujours être vigilant comme je vous disais. On lui remet d’ailleurs les œillères australiennes. On lui fait courir cette consolante pour alléger son printemps. Ensuite, il partira en vacances comme tous les hivers. C’est finalement un cheval qui court très peu. "

Vous monterez aussi Dream Wish dans le Prix Georges Courtois (Gr.2). Il a été très courageux pour venir chercher la victoire dans le Prix Fondeur (L)…

" Oui, pourtant il ne l’était pas plus jeune. Il porte lui aussi les œillères australiennes pour qu’il soit bien concentré. Le but de cette course est de lui faire faire un bon parcours de reconnaissance. Il peut manquer d’expérience, mais le meilleur est à venir. Si tout se passe bien, c’est mon cheval pour le prochain Grand Steeple ! "

Moins présent sur les programmes, Morgan a choisi de donner un nouvel élan à sa carrière en sélectionnant ses montes, et son choix a porté ses fruits. La preuve en chiffres :