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JEM : des hippodromes aux rectangles de dressage Vladimir Vinchon

Ce 11 septembre sont lancés les Jeux Equestres Mondiaux en Caroline du Nord. Parmi les cavaliers Français, Vladimir Vinchon qui, suite à un accident, a dû renoncer à une carrière dans les courses pour la carrière de dressage.

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Photo de une (c) Astrid Ringot

Ancien jockey prometteur, Vladimir Vinchon, amputé d’une jambe suite à un accident de voiture, s’est reconverti dans le para-dressage. Il dispute cette semaine les Jeux Equestres Mondiaux à Tryon (Caroline du Nord - Etats-Unis).

Si l’ouragan Florence ne vient pas trop perturber l’ordre des choses aux Etats-Unis, les épreuves des Jeux Equestres Mondiaux débuteront ce mercredi à Tryon, en Caroline du Nord. Deux semaines de compétition avec 8 disciplines au programme (saut d’obstacles, concours complet, dressage, para-dressage, reining, attelage, voltige, endurance) et pour la France quelques espoirs de médailles, mais surtout l’objectif d’entrer dans le top 6 des épreuves par équipes de saut d’obstacles et de concours complet, synonyme de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo, dans deux ans. « L’objectif est avant tout par équipes, a précisé la Directrice Technique Nationale Sophie Dubourg. Nous sommes certes attendus après deux titres olympiques à Rio, mais nous serons sans pression car les titres à défendre, c’est à Tokyo et non ici. »

Une carrière fauchée en plein vol

Parmi la délégation française, un ancien apprenti jockey prometteur, le para-dresseur Vladimir Vinchon, en selle sur Tarantino Fleuri, Selle Français de 11 ans. Au début des années 90, Vladimir, né dans l’Aisne en 1974, débute une carrière dans le monde des courses. D’abord dans l’est de la France  puis chez Jacques Ortet, avant de poursuivre son apprentissage chez Philippe Cottin. En 1994, il signe plusieurs victoires. A la fin de l’été, il s’illustre au Lion d’Angers puis quelques jours plus tard sur le petit steeple-chase de Waregem, en Belgique.  Mais au retour de son déplacement, le 1er septembre, un accident de la route va bouleverser sa vie. Les médecins ne peuvent éviter l’amputation de sa jambe droite. Plusieurs mois de rééducation et l’irrésistible envie de remonter sur un cheval.

L'amour du cheval au-delà du handicap

Il commence par un poney puis très vite, entouré par Philippe Cottin, il s’assoie à nouveau sur la selle de jeunes chevaux. « Mais il me manquait quelque chose, raconte Vinchon. Je n’avais pas l’excitation de la compétition. Phillipe Cottin a alors fait marcher son réseau et j’ai rencontré Francis Rebel qui m’a trouvé une petite jument de 13 ans pour sauter des 120. La première fois que je suis monté dessus, je suis tombé et je me suis dit, c’est bon, c’est celle-là ! » Après quelques concours de sauts prometteurs, la Fédération française d’équitation lui propose de s’orienter vers le para-dressage, seule discipline équestre au programme des Jeux para-olympiques. « Ça s’est un peu fait par la force des choses, poursuit Vinchon. Sauter des barres ou n’importe quoi, ça ne posait pas de problème, mais de là à finir sur un rectangle de dressage… je n’aurais jamais parié là-dessus. » Et pourtant. Plusieurs titres de champions de France, des participations dans les plus grands internationaux, et même une sélection aux Jeux paralympiques de Londres en 2012. « Je suis même retourné à Waregem pour un concours de para-dressage qui se disputait juste derrière l’hippodrome. Je suis parti faire le tour de la piste, à pied. Dans le dressage,  j’ai découvert toute la rigueur de la discipline. Je finis plus épuisé à la fin d’une reprise qu’à la fin d’un parcours de cso. La concentration doit être permanente, sur chaque foulée et dans toutes les allures. »

Un message d'optimisme

Employé chez Enedis, le Lavallois de 44 ans continue d’avoir un regard de passionné sur le monde des courses. « On me propose souvent d’aller remettre des prix à Craon, confie-t-il. Mais j’aimerais surtout que mon histoire soit utile. Il y a beaucoup de jockeys qui finissent cassés après des accidents. Je voudrais faire passer le message qu’il y a une vie après. Les jockeys ont un mental très fort et peuvent avoir du mal à accepter cette idée sans avoir l’impression d’être rabaissé. Mais si ça peut leur donner des idées. »

Cette semaine, à Tryon, il devrait avoir du mal à jouer les médailles. Trop tôt sans doute encore. « Mon cheval a été arrêté près d’un an et demi en restant au pré et nous ne sommes pas encore revenus à 100%. Mais il ne cesse de progresser. J’espère me qualifier dans le programme libre réservé au 7 ou 8 meilleurs des premières reprises. Ce long déplacement est aussi un test en vue des Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. C’est mon objectif majeur avec Paris 2024. De toute façon je n’arrêterai pas tant que je n’aurai pas eu une médaille ! »

Suivre les résultats des JEM sur le site officiel

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