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Le Grand Debrief : Retour sur le succès de Sel Jem avec son entourage

Après la victoire de Sel Jem dans le Grand Steeple-Chase de Paris 2022, Guillaume Macaire et Xavier Papot sont revenus sur le sacre de leur représentant dans le Grand Debrief.

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Guillaume Macaire

Quel est votre état d’esprit après avoir remporté ce septième Grand Steeple-Chase de Paris ?

C’est un grand moment de plaisir pour moi et pour toute l’équipe bien évidemment. Cette histoire a commencé en 1996 avec ma première victoire avec Arenice. Aujourd’hui, ça représente vraiment quelque chose de puissant d’être le seul à avoir gagné sept fois le Grand Steeple-Chase de Paris depuis sa création.

On vous sent également soulagé…

À votre avis ? On n’est que des hommes.

Comment ça s’est passé au niveau de la préparation et comment avez-vous vécu la course de Sel Jem ?

Ça s’est passé sans anicroche sinon il ne serait pas là. Hormis que mardi, il a sorti un varron (dû à des larves de mouches). Heureusement qu’il l’a sorti mardi et non pas samedi parce que le cheval se serait énervé, on ne pouvait plus lui poser les mains dessus tellement ça lui faisait mal. Il a fallu qu’on sorte le varron. C’est ce que l’on a fait mardi et ensuite il a fallu attendre que ça cicatrise.

Un peu à l’image de sa carrière où au début il a eu quelques soucis puis finalement ça s’est bien passé pour arriver à cet avènement ?

À 3 ans, il était totalement impotent donc il a fallu lui laisser du temps et j’en veux pour preuve qu’il y a un an, il était dans un pré, il n’était pas à l’entraînement.

Parlez-nous de votre association avec Hector de Lageneste puisque c’est la première fois que vous l’emportez avec un co-entraîneur.

Un moment donné, comme dans beaucoup de métiers, je ne peux plus être tout seul. Ce que l’on nous demande et ce que le métier nous demande, c’est être sur le pont à 10h du matin, se taper les courses, et finir à 21h et on nous demande d’en faire encore plus. Au bout d’un moment, si on ne trouve pas de solution pour arriver à partager les tâches et bien c’est foutu. Il faut dire les choses comme elles sont. Avant, il y avait une réunion parisienne par jour avec des réunions en province le week-end. Aujourd’hui, on nous demande d’être sur tous les fronts. Forcément, un jour ou l’autre, ça va être un préjudice pour notre métier.

Concrètement, le matin, comment ça se passe pour vous ?

On est ensemble sur la piste mais Hector a une certaine fougue de la jeunesse. Au début quand j’ai fait l’association, j’avais voulu associer le renouveau et l’expérience. J’ai quand même blanchi sous le harnois donc il y a des choses que je sais. J’ai appris à mes dépens. Lui aussi un peu, mais moins que moi donc je le laisse faire les choses que j’ai moins envie de faire et notamment parler au personnel. Personnellement, j’ai quand même pris un peu de recul ce qui me permet de mieux réfléchir, d’être moins pollué par des gens et des systèmes qui ne correspondent plus au métier que l’on fait. On compose à deux et c’est très bien comme ça.

Vous avez remporté votre premier Grand Steeple-Chase de Paris en 1996 puis ça s’est calmé pendant plusieurs saisons…

Ça s’est calmé parce que je n’avais pas les chevaux pour donc venir pour courir et faire huitième, ça ne sert à rien. Moi ce qui m’intéresse, c’est la victoire. L’important est de vibrer.

Maintenant que vous avez gagné votre septième Grand Steeple-Chase de Paris, est-ce que vous avez des objectifs particuliers ?

Pour être tout à fait franc, je n’ai jamais cherché tous les records. C’est vrai que cette année, quand j’ai vu que j’avais des chevaux susceptibles de remporter le Grand Steeple-Chase de Paris, j’avais dit que ça me ferait plaisir d’être le recordman de victoires. C’est une sorte d’accomplissement d’être le seul à avoir gagner sept Grand Steeple-Chase de Paris. Dans toute ma carrière, mes records se sont faits parce qu’ils devaient se faire. L’année des 282 gagnants en obstacles, je n’ai pas cherché à le faire. Cette année, il m’est arrivé de faire des coups de quatre mais c’est parce qu’il y avait les bons engagement ce jour-là et il fallait mettre le ballon dans les filets. On oublie souvent que c’est du bon sens qui mène les choses. Alors évidemment, il faut être exact lors des grands rendez-vous en essayant de ne pas être prêt avant ou après l’heure. C’est André Fabre qui dit que le métier d’entraîneur est un métier de chef de gare, il faut que les trains partent à l’heure et qu’ils arrivent à l’heure. S’il y a un jour où il faut gagner les courses, ce sont ces jours-là.

Est-ce que vous avez toujours envie d’aller gagner des titres en Angleterre et pourquoi avoir un peu abandonner à un certain moment ?

Il y a une raison bien précise. J’ai fait pas mal de commerce avec les Anglais. À l’époque, j’ai amené des chevaux là-bas pour leur montrer que mes chevaux étaient des bons chevaux. D’autre part, les courses sont nées en Angleterre et je pensais que je n’aurais pas véritablement mon doctorat d’entraîneur tant que je n’avais pas gagné outre-Manche. Mon premier partant, c’était en cross et ça ne s’est pas bien passé mais mon deuxième partant, c’était dans un Groupe 1 à Cheltenham et j’ai gagné. Forcément, mon statut a changé à ce moment-là. Le fait d’avoir fait beaucoup de commerce avec eux a changé la donne aussi. Il me paraissait assez peu judicieux d’aller battre les Anglais avec des chevaux que je ne leur aurais pas vendu ou bien de courir de façon médiocre où j’aurais été ridicule aussi donc je n’avais que des coups à prendre à y aller. Cela dit, mon dernier partant en Angleterre, c’était il y a deux ou trois ans mais c’était un gagnant quand même. Accessoirement, si c’est pour des propriétaires anglais ou dans un cas bien précis, je le referais à l’occasion.

Xavier Papot

Première question, est-ce que ça va mieux après cette victoire dans le GSCP ?

Je vais essayer de vous décrire ça. J’avais très mal au ventre en me rendant aux courses mais c’est un peu normal. Je pense que comme tous les propriétaires. Pendant le Grand-Steeple, j’étais comme un funambule sur un câble sauf qu’à la fin de la course je suis tombé du câble… et en plus j’ai le vertige (rires). Je n’arrivais pas à respirer pendant la course. Je regardais un autre cheval surtout Feu Follet et quand j’ai vu qu’il a rétrogradé dans le dernier virage, je me suis dit qu’il allait falloir être très fort pour nous battre.

Si on regarde votre week-end, ça a été un week-end cinq étoiles.

Je savais que la famille Papot avait rendez-vous avec l’histoire ce week-end. Gagner la Grande Course de Haies et le Grand Steeple-Chase de Paris, c’est historique, je ne sais même pas si ça a déjà été fait. Les chevaux, les jockeys, les entraîneurs ont tous été à la hauteur.

 

Pour revoir Le Grand Debrief de ce dimanche 22 mai, principalement consacré au Grand Steeple-Chase de Paris, cliquez sur le lien ci-dessous :

 

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