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Nathalie Henry : "Chacun a sa place, hommes et femmes confondus"

La jockey, Nathalie Henry, est la première femme à s'être imposée dans une course de groupe 1, en 2004, au trot monté. Invitée pour l'émission, La Grande Heure sur Equidia, Nathalie Henry s'est confiée.

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Nathalie Henry a remporté à deux reprises le Prix du Président de la République (2004 et 2007) et le Prix des Centaures (2007 et 2013). Elle a aussi enlevé le Prix de Normandie en 2005. Sous la selle, elle est la seule femme à détenir un palmarès aussi fourni au niveau groupe 1.

Comment avez-vous réussi à vous faire une place dans un milieu très masculin ? 

Je suis née dans ce milieu, donc la passion l’emporte. J’ai eu la chance d’avoir un entraîneur, Monsieur Desmontils, qui m’a fait confiance et j’ai eu la chance d’avoir des bons chevaux à monter. Il n’y a pas de secret, après c’est un cercle vicieux si on gagne des courses, on se fait voir et on est amenés à monter des bons chevaux. Sans Monsieur Desmontils, je ne serai pas là où j’en suis. Je pense que je lui dois tout concernant ma carrière. Il m’avait acheté une selle pour monter au poids. Je suis passée professionnelle et j’ai continué à monter les chevaux au poids.

Quelle relation avez-vous avec les hommes dans le peloton ? 

Ça s’est toujours bien passé, je pense que chacun a sa place que l'on soit un homme ou une femme. Nous sommes à égalité, il ne faut pas non plus que ça soit exceptionnel qu’une femme gagne.

Les mentalités ont-elles évolué depuis vos victoires au niveau groupe 1 ?

On voit beaucoup de femmes jeunes avec le statut "d'apprenti" au trot monté. Le passage pour devenir professionnel est peut-être plus difficile pour une femme que pour un homme. Il y a toujours cette idée, une fois que l’on passe “pro”, on va préférer appeler un jockey qui est top 10 et c’est à ce moment-là qu’il faut percer en tant que femme. C’est pour ça que c’est important d’être chez quelqu’un qui nous fait confiance et avoir de la réussite. 

Donnez-vous des conseils aux femmes jockeys qui débutent sous la selle ?

On discute beaucoup entre nous dans le peloton, toutes travaillent bien et je n’ai pas énormément de conseils à leur donner. Le principal c’est d’être bien avec son cheval et d’essayer de faire au mieux.

La décharge est un élément considérable pour faire appel aux femmes jockeys...

La décharge est importante pour les hommes et les femmes. Le passage professionnel est d’autant plus compliqué après. Le fait d’être léger c’est super tant que l’on a le statut d’apprenti, mais il ne faut pas que les entraîneurs se disent “elle a gagné des courses car elle montait à 55kg.” Je pense que l’entraîneur doit se rendre compte qu’il n’y a pas que le poids mais aussi la main et la qualité du jockey.

Lors des trois courses au trot monté à Vincennes dimanche 26 juin, il y avait cinq femmes en tout. Qu'est-ce que ça vous inspire de voir de plus en plus de femmes sur les programmes ? 

C’est agréable de voir ça. Aujourd’hui dans les courses d’apprentis, je pense qu’il y a plus de filles que de garçons. C’est bien ça montre que l’on commence à nous faire de plus en plus confiance et que on va finir par être à armes égales. Il n’y a aucune raison que les femmes ne persévèrent pas.

Un nouvel épisode de La Grande Heure est consacré aux femmes de courses. Une émission à suivre dès samedi à 19h00 sur Youtube et à partir de 23h sur Equidia !

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