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"Olala, je crois qu'Ourasi est battu ! Ah c'est affreux, c'est horrible !"

Après trois victoires de suite dans le Prix d'Amérique, Ourasi a rendez-vous avec l'histoire pour tenter la passe de 4. Mais tout ne va pas se passer comme prévu ! Jean-François Pré commentateur à l'époque revient sur cette course de légende...

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1989 : Ourasi a rendez-vous avec l’histoire

Après avoir rejoint Uranie, Roquépine et Bellino II, triples vainqueurs du Prix d’Amérique, dans le livre des records, le champion de Jean René Gougeon va tenter de remporter pour la 4ème fois consécutive la plus belle course de trotteurs au monde. "Le Roi Fainéant", comme on le surnomme dans l’univers des courses, s’apprête alors à réaliser un record légendaire. Mais tout ne se passera pas comme prévu…

Tous les spectateurs ont les yeux rivés sur Ourasi, qu’ils soient passionnés ou non. De retour des Etats-Unis après son match face au crack américain Mack Lobell, Ourasi remporte les trois préparatoires auxquelles il a participé. Il se présente logiquement en tant que grand favori de cette édition sous les yeux du président François Mitterrand. La venue d’un président est quelque chose d’inédit : un événement incroyable à la hauteur de la popularité du glorieux Ourasi.

Désenchantement

Mais le scénario rêvé va prendre une autre tournure. Alors qu’une foule de journaliste et de supporters se bousculent devant le box du champion, ce dernier refuse d’uriner avant la course, probablement perturbé par l’effervescence jusqu’alors sans pareil en ce dimanche 29 janvier. Mais le grandissime favori doit honorer son statut d’épouvantail. Ecrasé d’argent, il part à la cote de 1.1/1 ! Du jamais vu…

Le départ est donné ! Jusque dans le dernier tournant, tout semble bien se passer pour le représentant de la casaque Ostheimer. Mais certains regards avisés remarqueront qu’Ourasi n’a pas la même attitude, tout comme celui du commentateur du jour sur les antennes de TF1, Jean-François Pré : « Je le vois dans le dernier tournant. Il n’a pas son allure habituelle… On sent qu’il se passe quelque chose. » Ceci s’avérera exact : Alors que personne ne l’imagine battu, Ourasi est seulement troisième derrière Queila Gédé, la jument de Roger Baudron, et Potin d’Amour. C’est une épouvante qui s’abat sur la cendrée parisienne…

La dernière chance

1990 sonnera comme l'année de la revanche. A l'âge de 10 ans, Ourasi veut écrire son histoire. Son mentor de toujours, Jean-René Gougeon, est victime d'un infarctus. Il doit renoncer à la casque losangée bleu et jaune. C'est son frère Michel-Marcel, alias "Minou" qui prend la relève. Tous les regards sont braqués sur le champion, et Ourasi est au rendez-vous : il parvient à s'imposer pour le plus grand bonheur de la foule, enchantée par ce moment mémorable et unique.

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