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Ourasi, le recordman de l’Amérique

Lauréat à quatre reprises de la plus belle course au trot attelé, Ourasi est une véritable légende. Retour sur la carrière du protégé de Jean-René Gougeon et Raoul Ostheimer.

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Remporter un Prix d’Amérique, c’est déjà extraordinaire mais quatre, ça relève de la légende. C’est en tout cas l’exploit qu’a accompli le roi Ourasi.

En 1980, Ourasi voit le jour au haras de Saint-Georges, fruit de l’union entre Fleurasie et Greyhound, fils de Gélinotte, double vainqueur de l’Amérique. C’est un cheval très particulier, avec une nonchalance rare qui lui vaut son surnom de « Roi Fainéant ». Très rapidement, son éleveur Raoul Ostheimer fait appel à Jean-René Gougeon pour gérer l’entraînement de son poulain. Un travail qui va porter ses fruits. Le « Pape de Vincennes » lui fait découvrir la cendrée parisienne. C’est sur cette piste qu’il connaîtra sa première victoire juste avant de créer la surprise et remporter le Critérium des Jeunes en 1983, son premier grand triomphe. À partir de ce moment-là, Ourasi va enchaîner les bonnes performances. Ce qui est très paradoxal puisqu’à l’entraînement il se montre très fainéant.

Cependant, en début de carrière, il aura dû mal à être présent dans les grands événements. Notamment le Critérium des 3 ans dans lequel il termine deuxième mais aussi l’année d’après dans le Prix de Sélection (4ème), le Critérium des 4 ans (disqualifié) et le Critérium Continental (5ème). À ce moment-là, difficile d'imaginer ce qu’allait réaliser Ourasi dans la suite de sa carrière.

Après une année 1985 remplie de succès avec notamment le Critérium des 5 ans et le Prix du Bourbonnais, le pensionnaire de Jean-René Gougeon réalise une année 1986 extraordinaire. Une victoire dans le Prix de Belgique pour débuter l’année puis un succès triomphal dans la plus belle course du monde : le Prix d’Amérique. À partir de ce moment-là, l’élève de Raoul Ostheimer devient inarrêtable et remporte toutes ses courses jusqu’au 18 juin 1987. Pendant cette longue période d’invincibilité, il enchaîne pas moins de 22 succès. Et pas des moindres puisqu’il y a décroché un second Prix d’Amérique. C’est tout simplement incroyable ce qu’a réalisé Ourasi durant ces 18 mois.

Deux échecs dans le René Ballière et le Bourbonnais passent, Ourasi repart de plus belle en 1988 et s’impose une nouvelle fois dans la course phare de Vincennes. Il égalise alors le record de victoires dans ce Groupe 1 en rejoignant Uranie (1926, 1927, 1928), Roquépine (1966, 1967, 1968) et Bellino II (1975, 1976, 1977). Son année 1988 est à nouveau exceptionnelle, sûrement sa meilleure. Il affiche le bilan incroyable de 15 succès en 17 sorties. Ses deux seules défaites ne sont pas non plus dramatiques puisqu’il s’agit de deuxièmes places. En plus de tout rafler sur le sol français, il performe également à l’étranger en enlevant l’Åby Stora Pris en Suède.

L’idée de devenir le seul à gagner quatre Prix d’Amérique était devenu l’objectif numéro un. Après une quatrième victoire dans le Prix de Belgique, il est le favori pour la « Belle ». Contre tout attente, il ne réalise pas le quadruplé historique. Queila Gédé et Potin d’Amour lui volent la vedette et doit se contenter d’une troisième place. Finalement, cet échec n’aura aucune conséquence puisque « Le Roi Fainéant » s’est laissé une dernière chance en 1990. Épreuve qu’il gagne aisément, lui permettant d’entrer encore plus dans la légende du trot. Un magnifique trophée en guise de point final à une carrière remplie de 22 Groupe 1.

Ourasi en chiffres

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