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Passerelle : la reconversion des chevaux de courses version trotteurs

Si Au-delà des pistes en est la figure de proue, plusieurs associations oeuvrent, depuis de nombreuses années, à la reconversion des chevaux de courses. Mais en 2021, le paysage en compte une de plus, qui oeuvre, elle, au profit des trotteurs.

Le logo en une du site internet et simple et évocateur : une silhouette de cheval attelé et une poignée de main. Comme un rébus, signifiant que l'après carrière de course doit aussi être l'affaire d'une négociation. Car si les choses sont de plus en plus évidentes au galop, avec des associations comme Au-delà des pistes, en partenariat direct avec France Galop, le trot manque aujourd'hui encore de son association de référence, à l'instar de celle qu'Aurélie Malet, co-fondatrice de Passerelle, essaie de créer : "Tout a commencé quand j'ai repris l'équitation après quinze ans de pause. Je me suis trouvé un gentil pur-sang réformé. Alors, quand mon compagnon a voulu s'y mettre, je lui ai naturellement cherché un réformé, mais un trotteur cette-fois. Et là j'ai découvert qu'il n'y avait pas d'équivalent au trot de Au-delà des pistes. En revanche, j'ai rencontré Floriane Fossard, qui faisait ça un peu comme elle pouvait et j'ai décidé de m'associer à elle pour amener la structure."

Un modèle similaire à celui de Au-delà des pistes

Analyste financière spécialisée dans la gestion de patrimoine pendant vingt ans, Aurélie Malet oeuvre aujourd'hui en tant que physiothérapeute équine. Elle masse les chevaux pour les aider dans leur processus de récupération, et particulièrement les galopeurs de Chantilly. Sans surprise, c'est donc vers ce réseau qu'elle se tourne et qu'elle rencontre les protagonistes de Au-delà des pistes. Ensemble, ils réfléchissent au moyen de donner vie à son projet, comme l'explique Carole Desmetz, responsable de la communication : "Quand Aurélie nous a contacté, nous lui avons expliqué que nous ne pourrons pas nouer de partenariat parce que notre association travaille avec l'argent de France Galop. Mais nous avons tâché de lui présenter un maximum de personnes qui pourraient lui être utiles, de l'inclure dans nos réunions de travail, nos brainstorms. L'idée n'est donc pas de nouer un partenariat avec Passerelle, mais plutôt une collaboration. De travailler main dans la main, pour, pourquoi pas, avoir un jour la présence des deux associations sur des journées d'exhibition, dans des réunions de courses mixtes par exemple." 

Convaincre Le Trot

"Et puis moi en parallèle, j'avais écrit au Trot, se rappelle Aurélie. Au début, je crois qu'ils m'ont prise pour une folle parce que la structure n'était même pas encore montée. Et puis, ils ont terminé par me recevoir, début janvier, comme d'autres. Moi, ce que je leur ai dit, c'est que nous avons la vocation de nous placer du côté des pros. Et pour ça, on aurait vraiment besoin de leur appui." Comprenez d'un soutien financier à la reconversion, comme le fait France Galop depuis de nombreuses années. "L'idée serait de racheter les chevaux aux professionnels, pour pouvoir être compétitifs avec le prix de la viande par exemple. Ensuite, nous céderions gratuitement les chevaux à des écuries partenaires qui, elles, les travailleraient pour les mettre aux trois allures, leur apprendre à respecter le montoir et les transitions, et les revendraient. Ainsi, chacun serait gagnant, les pros, les écuries et les chevaux."

Mais si la cause est noble, le chemin pour y arriver ne sera pas simple pour autant. Car il ne suffit pas de vouloir reconvertir un cheval de courses pour que cela fonctionne : "J'ai conscience qu'il faudra aussi travailler sur le volet "exploitation" des chevaux. Au-delà des pistes a bordé son processus de reconversion pour interdire aux repreneurs d'abattre ou de faire re-courir les chevaux. J'aimerais bien que l'on duplique ce modèle avec Le Trot en y ajoutant l'interdiction d'expérimentation sur l'animal. Mais je crois qu'il y a encore un gros travail à faire là-dessus, avec Le Trot, qui veut s'assurer de la légalité de la chose, et avec les pros, avec qui on va devoir faire un gros travail de communication. Mais je crois vraiment que le bien-être animal est l'avenir de leur profession." 

Une croyance confirmée par le plan d'action opérationnel lancé par la FNCH ce mois-ci, visant à asseoir le bien-être équin dans la filière courses (relire l'article du 29 janvier 2021 en cliquant sur ce lien). "Nous avons contacté la FNCH aussi, qui s'est dite intéressée par le projet. Mais ils ont besoin de l'aval du Trot. Nous devrions êtres fixées à la fin du premier semestre."

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