Article

Vente de chevaux en ligne : deux nouveaux acteurs investissent le marché

Récemment, l’agence Auctav et la plateforme I Want The Winner ont fait leur entrée sur le marché online des ventes de chevaux. Si ces deux structures tissent leur toile sur le web, elles présentent néanmoins des différences notables. Focus.

0

Image de l'article

Auctav, un ring virtuel pluridisciplinaire 

En fondant récemment Auctav, une agence de vente aux enchères 100% online, Louis Baudron et Arnaud Angéliaume ont voulu répondre à une problématique : vendre un cheval au meilleur moment. "Notre but est de proposer une solution alternative à des ventes de chevaux qui arrivent souvent trop tôt ou trop tard dans la saison, explique le second précité, ancien directeur technique d’OsarusEn organisant des ventes toutes les 3 semaines, cela peut enlever une grosse part de stress à un vendeur : désormais, il peut nous contacter juste après la performance de son cheval afin de le mettre sur le marché au moment où sa valeur est connue. À partir de là, nous pouvons agir très rapidement." 

Un lancement de projet entièrement numérique qui intervient dans la situation sanitaire que l’on connaît où, depuis un an, plusieurs vacations ont dû être organisées uniquement sur le web. "Avec le Covid, on a dû globalement s’adapter à tous travailler différemment, dans notre domaine et dans beaucoup d’autres, reconnaît Arnaud Angéliaume, directeur général de l'entreprise également en charge de la partie trot. La démarche internet se démocratise dans le commerce. Le contexte fait aussi que notre projet est peut-être regardé différemment car désormais tout le monde est connecté."  

Basée au Haras des Rouges-Terres (Orne),  Auctav (contraction d’Auction et Avantage) obéit aux mêmes règles que les autres agences de vente connues en France et à l’étranger. "Nous sommes reconnus par le Conseil des ventes, nos services sont similaires à ceux des autres structures, avec un commissaire-priseur qui acte les transactions, confirme notre interlocuteur. En plus du process de mise à la vente qui diffère, car 100% online, l’une de nos particularités est d’être ouvert à toutes les disciplines, ce qui est inédit."  

Pour la première vacation programmée le mercredi 31 mars, les potentiels acquéreurs placeront leurs enchères directement sur le site d’Auctav, où ils auront un accès direct à toutes les informations nécessaires. "Notamment l’endroit où est stationné le cheval, avec le numéro de la personne à contacter en cas de visite, précise le directeur général. Concernant le dossier médical du cheval, ce sont les vétérinaires des acheteurs potentiels qui y auront accès." Quant à la vente, elle se déroulera de 10 heures à 20 heures : "Tous les chevaux sont à vendre en même temps. Vous placez une enchère dans le lot qui vous intéresse et vous la suivez en pouvant surenchérir lorsqu’un autre acheteur vous a pris la main. On a mis volontairement la clôture en début de soirée afin que les professionnels du milieu et les clients soient assez disponibles. La clôture se fera "en escalier" entre les différentes salles de ventes afin qu’un client battu sur un lot ait le temps de se retourner vers un autre qui pourrait l’intéresser."  

Pour ce premier rendez-vous virtuel, dont plusieurs lots du catalogue sont consultables en ligne, une part d’étalon de Face Time Bourbon ainsi qu'une foal issue du crack aux deux Prix d’Amérique seront notamment mises en vente. 

Le mot du président, Louis Baudron :

I Want The Winner, une plateforme 100% galop 

Chez I Want The Winner, on ne fait que dans le galopeur. Depuis le 15 mars, cette plateforme en ligne propose à la vente saillies, parts d’étalon, poulinières, jeunes chevaux, chevaux à l’entraînement et même en association. Ici, il n’est pas question d’enchères, ni de ring virtuel. "Nous sommes vraiment sur un système achat-vente, précise Valentin Adam, responsable du développement également en charge de la partie bloodstock. On propose une mise en ligne des annonces pour les vendeurs, les acheteurs les consultent et sont en mesure de se positionner sur les offres. Un peu comme une agence immobilière, nous présentons nos "biens" sur le net. Les prix sont affichés avec les informations nécessaires." 

Inspirée de la plateforme (pour trotteurs) Club Elevage, cette nouvelle structure a été fondée par Christophe German. Bien connu dans le milieu pour avoir créé l’agence de courtage en assurance hippique Centaure (devenue aujourd’hui Markel France), ce dernier s’est associé avec Michel Gasselin, Mehdi Mohamed et Dimitri Gallier, trois hommes issus de l’aventure Club Elevage. "Ils nous apportent toute leur expertise acquise lors de cette expérience-là," souligne Valentin Adam

Là aussi, les fondateurs sont partis d’un constat : aujourd’hui, tout se vend sur le web. Alors, pourquoi pas des chevaux ? "Le tout est de savoir amener toutes les informations aux acheteurs et d’avoir une ligne de conduite axée sur la probité, la clarté et la transparence afin qu’on gagne leur confiance sur le net", explique Valentin Adam.  

Avant d’être mises en ligne sur le site de la plateforme, les offres sont sélectionnées par l’équipe d’I Want The Winner. "Les prix sont évalués en accord avec ceux du marché, il faut aussi monter un dossier vétérinaire afin d’obtenir le certificat de vente, détaille notre interlocuteur. Parmi les informations, on retrouve les photos, le résumé des performances pour un cheval à l’entraînement, avec parfois des vidéos de ses courses. Ces annonces sont consultables sur le site."  Si un acheteur se positionne en faisant une offre, le vendeur choisit de la traiter ou pas. En cas d’accord trouvé entre les deux parties, le cheval est soumis à une visite vétérinaire d’achat.  "À partir du moment où il est payé, il devient sous la propriété du nouvel acheteur, indique Valentin Adam. Nos transactions sont sécurisées et il n’y a pas de risques d’impayés."

Dans un proche avenir, l'équipe d'I Want The Winner souhaite aussi donner une dimension internationale à l'entreprise. "Cela fait partie des axes à développer, confirme Valentin Adam. On on va aussi s'ouvrir au marché étranger et justement proposer ces chevaux-là en développant des réseaux et en utilisant la force de frappe du net pour pouvoir toucher des personnes assez éloignées géographiquement."  

Le mot du président, Christophe German :

À lire aussi

Commentaires

Vous devez être connecté pour saisir votre commentaire.
Si vous avez déjà un compte, connectez-vous ou créez un compte.