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Dans le rétro avec Boris Chameraud

Aussi grand par la taille que par le talent, Boris Chameraud était l'un des meilleurs jockeys d'Auteuil dans les années 2000. Il se prête au jeu des questions-réponses dans notre série "dans le rétro" et revient pour nous sur sa belle carrière.

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Comment avez-vous débuté votre carrière ?

Enfant, je montais dans un centre équestre et mes parents tenaient un bar PMU, cela m’a donné le goût des courses. Je suis rentré chez Noël Pelat à Maisons Laffitte comme apprenti en septembre 1992 et suis resté jusqu’en septembre 1996. J’ai « fait mon premier gagnant » en 1997 pour Jacques Dubois, en plat sur l’hippodrome de Pompadour. J’ai ensuite eu mon premier succès en obstacle pour Albert Hosselet, à Enghien.

Le Chablis et Lycaon de Vauzelle vous ont apporté vos 2 succès au plus haut niveau…

En effet, Le Chablis m’a apporté mon premier Groupe I, le Prix Maurice Gillois 2002, pour Thomas Trapenard. Cela m’est arrivé jeune, il a été le premier vrai bon cheval auquel j’ai été associé. Il y en a eu de très bons par la suite. Je pense notamment à Lycaon de Vauzelle que j’ai récupéré suite à la blessure de Laurent Métais et qui m’a permis de gagner la Grande Course de Haies d’Auteuil en 2005 ou encore Cerilly qui m’a particulièrement marqué.

Le premier Groupe I reste un très grand souvenir. La Grande Course de Haies est pour moi la plus belle épreuve de haies d’Auteuil, le summum.

 Cerilly, lauréat du Grand Steeple-Chase d’Enghien 2006

Quel est pour vous le meilleur cheval auquel vous avez été associé ?

Mail de Bièvre. Je suis deux fois deuxième avec lui au niveau Groupe dans le Prix Morgex à 4 ans et le Prix Robert de Clermont-Tonnerre au printemps de ses 5 ans. Je me suis malheureusement accidenté par la suite et il a gagné les Prix Troytown et Murat avec Christophe Pieux. Son entraîneur, Jehan Bertran de Balanda, a voulu faire l’impasse sur le Grand Steeple car il n’avait que 5 ans, afin de le préserver. Il n’était qu’au tout début de sa carrière et c’était un cheval très compliqué. Nous lui avions appris à courir dans le calme. Malheureusement, il a été touché par une tendinite l’année d’après. Je pense qu’il aurait été un crack mais le physique n’a pas tenu.

Vous évoluiez dans une époque où l’on distinguait les « jockeys parisiens » des « jockeys provinciaux ». Vous étiez dans la première catégorie…

À mes débuts, je suis allé en province pour « gagner ma croûte ». Mais quand vous aviez l’opportunité d’être dans de grandes écuries parisiennes, on pouvait faire abstraction des courses provinciales. J’avais la chance d’avoir les chevaux pour Paris, alors je ne m’embêtais pas à aller en province. Je pouvais gagner de l’argent en restant dans la capitale, alors je ne prenais pas la peine de faire 6h de route pour monter sur de petits hippodromes. Pour autant, j’y ai fait de belles rencontres.

Quel entraîneur vous a particulièrement marqué ?

Il faut que je cite Jehan Bertran de Balanda, il pourrait m’en vouloir sinon ! (Rires). Autrement, je pense à plusieurs entraîneurs comme Guillaume Macaire, Jean-Paul Gallorini, des « tops-entraîneurs », pour qui j’ai eu la chance de monter.

Boris Chameraud, "aux ordres" de Jehan Bertran de Balanda

Quelle est la plus belle rencontre de votre carrière ?

J’ai fait de nombreuses belles rencontres dans ma carrière, il m’est difficile de citer une personne en particulier. Néanmoins, à mes débuts, j’ai eu la chance d’être dans une grande écurie pour apprendre mon métier, celle de Noël Pelat.

Un regret ?

Oui, celui de n’avoir jamais monté, ni le Grand Steeple-Chase de Paris, ni le Grand National de Liverpool.

Que devenez-vous, suivez-vous toujours les courses ?

J’ai vendu mon bar PMU de Mimizan, je suis donc « chômeur-retraité » mais non rentier ! Je vais essayer de retrouver une vie normale, avec le bar cela n’a pas été de tout repos. Je me donne un temps de réflexion pour réorienter ma carrière. Pourquoi pas dans le secteur du transport, voire le transport de chevaux aux courses.

Dans le bar, on suivait tous les jours les courses, on supportait les copains... L’ambiance, l’adrénaline, cela manque toujours un peu. Je monte d’ailleurs de temps en temps à cheval à Royan, chez Guillaume Macaire et François Nicolle.

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