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Dans le rétro avec … Franck Nivard

Recontre - Il possède l'un des plus beaux palmarès au Trot avec notamment 5 Prix d’Amérique (2009, 2011, 2012, 2016 et 2017). Franck Nivard est un crack de la discipline, il revient pour nous "dans le rétro" de sa carrière.

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Quel est le meilleur cheval que vous ayez drivé ?

J’ai eu deux grands chevaux, ce n’est pas facile de faire un choix entre Bold Eagle et Ready Cash. Je pense que c’est Bold Eagle. Il était très complet, il avait plus de changements de vitesse.

Le Prix d’Amérique que vous avez gagné le plus facilement ?

Celui avec Bold Eagle, ou peut-être Meaulnes du Corta. Je me rappelle qu’en descendant, à plus de 1 500m de l’arrivée, il me restait encore un tour… j’ai fait signe à Sébastien Laboutique qui était là sur le côté pour lui dire : « c'est fait ». Le plus dur c’était de partir, sinon il était au-dessus du lot. Ce n’était pas un grand Prix d’Amérique quand on regarde bien. Il y avait Nouba du Saptel, Qualita Bourbon et Offshore Dream, mais ce dernier semblait moins compétitif depuis quelque temps.

Quelle est votre plus belle drive dans un Prix d’Amérique ?

Ready Cash, la deuxième année. Mon deuxième Prix d’Amérique avec Bold Eagle c’était pas mal mais j’ai un peu raté mon départ. C’était une belle course quand même, j’ai un bon parcours dans l’ensemble mais je me suis un peu raté au départ. Avec Ready Cash, je n’avais pas une marge aussi importante que l’année d’avant, et Matthieu Abrivard m’arrange aussi. Si c’est un driver étranger qui reste là, je ne peux pas y aller.

Quel est le cheval qui vous a marqué et que vous auriez aimé driver ?

Jag de Bellouet, je l’ai monté mais je ne l’ai pas drivé. Je me souviens que je l’ai travaillé à la plage un jour. Le même jour, je travaillais un cheval pour mon père (qui trottait bien, on comptait gagner à Vincennes). Dans la foulée j’ai sorti Jag de Bellouet et j’ai dit à mon père « là je crois que j’ai trotté un phénomène ». Je n’avais jamais monté un cheval pareil de ma vie. C’était un champion. En revanche il était compliqué, très spécial, délicat et très peureux du fait de son problème de vue. Mais il avait une classe terrible. Cela aurait été extraordinaire de le piloter dans le Prix d’Amérique. Il a tout gagné, il était exceptionnel.

Qui est le plus grand jockey que vous avez vu évoluer ?

Yoann Lebourgeois, il a la morphologie d’un jockey monté. Il a une très bonne position et il est fort pour donner du train mais aussi pour monter les chevaux compliqués en province. Et il a aussi l’avantage d’avoir la taille parfaite pour monter.

Qui est, selon vous, le plus grand driver de tous les temps ?

Ce n’est pas facile, peut-être Jean-Michel Bazire. Il y a beaucoup de bons drivers, j’apprécie aussi Örjan Kihlström, il a un peu la même façon de driver que moi. Il ne s’affole pas avec les chevaux et il les fait toujours finir même s’il est mal pris en épaisseur il ne leur demande pas un effort violent.

Qui est la personne qui vous a le plus impressionné dans le métier ?

L’entraîneur Jean-Pierre Dubois, un travailleur hors pair. Il est encore là aujourd’hui, il est inépuisable. Il sait tout faire et il est maître de tout : l’élevage, l’entraînement. C’est un phénomène.

Quelle est la plus belle rencontre de votre carrière ?

Jean-Baptiste Bossuet, c’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier, je ne drivais pas à l’époque et il m’a fait avancer. Je suis tombé chez lui au bon moment et sans lui, je n’aurais sûrement pas eu une telle carrière. Il m’a rapidement fait confiance et j’ai drivé des bons chevaux qu’il avait à l’époque. On s’est bien entendu, il me donnait des conseils et savait me faire comprendre quand ce que je faisais n’allait pas. C’était aussi un bon entraîneur.

Quelle est la grande victoire à laquelle vous vous attendiez le moins ?

Le Critérium des jeunes avec Nelson de Vandel, ça n’était pas prévu du tout. Pierre-Désiré Allaire me déclare au dernier moment, en plus il avait deux partants dans la course et j’étais prévu sur l’autre et au dernier moment il a changé. Et comme je ne connaissais pas le cheval, je ne m’y attendais pas. J’ai été déclaré trois jours avant par Pierre-Désiré et il savait que j’avais une première chance. Personne d’autre n’y croyait, il me semble même qu’on était à 60 contre 1.

Y a-t-il un Groupe I que vous étiez sûr de remporter ?

Le Prix d’Amérique avec Meaulnes du Corta, j’étais à peu près sûr de gagner. Comme avait dit Jean-Baptiste Bossuet à l’époque de Ténor de Baune : « le plus dur c’est d’amener le camion aux courses ». Au monté, ça serait avec Scipion du Goutier, il était vraiment au-dessus du lot. Mage du Martelier aussi, c’était un hongre mais il était bon. J’ai eu des sacrés chevaux quand même.

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