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Dans le rétro avec Lanfranco Dettori : " Gagner deux Arcs avec le même cheval c'est tout simplement exceptionnel !"

Entretien - Recordman du nombre de victoires dans l'Arc de Triomphe , Le crack jockey italien est déjà une légende des courses. Il revient pour nous sur ses 6 victoires dans l'Arc et évoque ses plus beaux souvenirs.

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Quel est le meilleur cheval que vous avez monté ?

Quand on me demande quel a été mon meilleur cheval je réponds Golden Horn. C'est sans doute le meilleur 3 ans que j'ai monté, et pourtant j’ai monté de très bons 3 ans comme Lammtarra. Il y en a bien sûr d'autres comme Dubai Millenium qui a accompli encore plus de choses par la suite.

Votre première victoire de Groupe 1 ?

J'avais 18 ans, je m'en souviens comme si c'était hier. C'était un jour vraiment mémorable. J'ai eu l'opportunité de gagner mon premier groupe 1 à Ascot et chose assez fantastique, j'ai gagné mon second groupe à trente minutes d'intervalle lors de la même réunion. C'était quasi irréel. Vous avez l'impression d'être dans un rêve. C'était vraiment des sensations incroyables. Gagner son premier Groupe 1 sur cet hippodrome mythique c'est le rêve de tout jockey mais en décrocher deux dans la même réunion c'est extraordinaire !

Vous êtes le seul jockey à avoir inscrit six fois votre nom au palmarès de l'Arc (Lammtarra, Sakhee, Mariendbard, Golden Horn et Enable deux fois). Quel est celui qui vous a le plus marqué ?

L'Arc est l'une de mes courses favorites. Encore aujourd’hui, cela reste la course la plus excitante à mes yeux. Quand j’étais petit, il y avait quatre courses qui comptaient et qu’à San Siro (Italie), on ne loupait pour rien au monde : le Grand National, le Derby d’Epsom, les King George, et l’Arc. J'ai eu la chance de participer à mon premier Arc de Triomphe à 17 ans comme jockey du leader pour l'Aga Khan. Golden Horn restera mon meilleur souvenir d'Arc. C'était vraiment un Arc spécial de par le déroulement de la course. Nous avions gagné le Derby ensemble. J'ai réussi à me tirer de son mauvais numéro de corde en faisant tout ce que je n'avais pas l'habitude de faire avec lui ce jour-là. C'était vraiment une monte spéciale. Chaque Arc est différent. Ils sont tous mémorables mais s'il fallait classer les victoires ce serait un peu comme des chapitres de livres : la victoire la plus facile Sakhee, la plus chanceuse Marienbard, la plus parfaite Lammtarra.... L'Arc d'Enable avait vraiment une saveur spéciale à Chantilly et gagner deux Arcs avec le même cheval c'est tout simplement exceptionnel.

6 victoires dans l'Arc de Triomphe pour Dettori, un record qui tient toujours chez les jockeys

Un cheval qui vous a marqué que vous auriez aimé monter ?

Frankel à 100%. C'est LE cheval que j'aurais rêvé de monter. C'était un super cheval, il était exceptionnel. J'ai couru plusieurs fois contre lui sans avoir eu la chance de le dépasser (rires). Je me souviens tout particulièrement de sa course dans les 2000 Guinées de Newmarket en 2011. Je montais Casamento dans cette course. Frankel est allé devant en creusant littéralement l'écart avec le reste du peloton. Il était seul au monde. Il avait 20 longueurs d'avance sur le peloton et il continuait d'avancer tout en ayant le vent de face. C'était une vraie "machine" : Il a fait les premiers 1000 mètres en 58 secondes. C'est une chose qui est impossible à faire en temps normal. C'était vraiment un cheval exceptionnel. 

Pour l'anecdote quand j'étais enfant je voulais monter Dancing Brave. Quand je suis arrivé en Angleterre, c'était le meilleur cheval qu'il y avait dans les écuries du pays. J'étais vraiment impressionné par ce cheval. Son Arc (1986) a été probablement la plus belle course que j'ai pu regarder. Il a en quelque sorte marqué mon enfance.

La plus belle rencontre de votre carrière ?

J'ai eu la chance de rencontrer tellement de belles personnes dans ma carrière qu'il serait difficile et offensant pour les autres d'en choisir une en particulier. Je ne remercierais jamais assez tous les propriétaires et entraîneurs qui m'ont fait confiance.

Un entraîneur qui vous a impressionné ?

Ma rencontre avec John Gosden m'a beaucoup marquée. Nous avons tout gagné ensemble ici et dans le monde que ce soit l'Arc en France ou la Breeeder's Cup aux Etats-Unis. C'est un entraîneur très particulier. C'est un excellent metteur au point. C'est un homme d'une grande qualité humaine. Il est extrêmement communicatif et compréhensif. Il comprend aussi bien ses chevaux que ses jockeys. Il analyse tout dans le moindre détail. C’est vraiment un top entraîneur. 

Le plus grand jockey que vous avez vu évoluer durant votre carrière ?

Mon père (Gianfranco Dettori lui-même crack jockey en Italie). C'était mon modèle. Il restera à mes yeux le plus grand jockey. Il a beaucoup influencé ma carrière. Je suis fier de cette passion qu'il m'a transmise. J'ai couru contre mon père et ce fut une formidable expérienceQuand je suis arrivé en Angleterre j'aimais beaucoup Steeve Koten. Ángel Cordero est mon jockey américain favori. Les jockeys américains sont une sorte d'exemple : ils ont un aérodynamisme superbe et ils sont capables de juger le rythme des courses.

Une course qui manque a votre palmarès que vous aimeriez décrocher ?

La July Cup à Newmarket et la Melbourne cup (Australie). La July Cup est la seule course que je n'ai pas gagnée à Newmarket. J'aimerais vraiment la remporter un jour car elle est vraiment spéciale à mes yeux. A Newmarket je suis un peu l'enfant du pays et cela me tiendrait vraiment à cœur de décrocher celle qui me manque à Newmarket. La Melbourne Cup est une course mythique : elle arrête tout un pays dans le temps. C'est tellement incroyable de voir cette ferveur et cet engouement national pour une course. De plus c'est l'un des plus gros groupe 1 internationaux dans le monde.

Un Groupe 1 qui était pour vous inattendu et que vous avez gagné ?

Je n'étais pas prêt pour cette question ! (rires). Il y en a tellement que je suis à court de mémoire et qu'il serait difficile de vous en sortir un maintenant tout de suite! 

Une anecdote que vous n'avez jamais racontée ? 

Les plus belles anecdotes sont dans le vestiaire des jockeys (rires). C'est un endroit unique. Que nous ayons 16 ans ou 51 ans il n'y a pas de différence. C'est une atmosphère vraiment spéciale car on a finalement tous le même âge ! 

Votre plus grande fierté ?

Je suis fier de pouvoir encore monter à cheval tous les jours et d'être encore en compétition. Finalement c'est déjà pas mal d'avoir cette opportunité et d'avoir en plus la chance d'avoir beaucoup de talent naturel.

"Le saut de l'ange", la marque de fabrique du crack jockey italien pour fêter une grande victoire

Votre plus grand regret ou ce qu'il manque à votre carrière ?

Je vois les années défiler et je m'aperçois que je n'ai plus assez de temps. Finalement notre métier nous fait courir après lui. Entre carrière et vie de famille, c'est la course permanente. Le temps passe vite malheureusement et je m'aperçois que c'est ce qui me manque le plus actuellement.

 

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