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Ioritz Mendizabal : "Remporter 3000 courses me paraissait inaccessible"

Interview - Lauréat de sa 3000ème courses en France jeudi dernier, le Basque Ioritz Mendizabal est l'un des jockeys les plus titrés en activité. Vainqueur de sa première course en 1990, il fait toujours partie des meilleurs.

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Vous venez d'atteindre le cap des 3000 victoires, que cela vous inspire-t-il ? 

"Je ne le savais pas. C'est en lisant la presse que je l'ai appris. Le fait d'être le troisième jockey à franchir ce cap, d'être dans un cercle fermé avec Monsieur Yves Saint-Martin, ça fait quelque chose. Il était mon idole quand j'étais jeune, alors le fait de le rejoindre, j'en suis fier. Quand j'ai débuté, il y avait lui et Cash Asmussen. Yves Saint-Martin était une référence. C'est une légende."

Comment expliquez-vous cette longévité ? 

"Je ne l'explique pas. Je ne me pose pas de questions. À la base, c'est grâce à mes parents. La chance que j'ai eue, c'est l'éducation qu'ils m'ont donnée. Quand tout va bien, c'est facile, mais j'ai connu des moments difficiles, et pour passer le cap, il faut être entouré. C'est hyper important. "

Apprenti, vous rêviez d'une telle carrière ?

"Vous ne réfléchissez pas à ça. Cela paraît inaccessible. Vous pensez à faire des gagnants, gagner de belles courses à Paris, c'est à cela que vous pensez, pas au reste. Je dois beaucoup à Jean-Claude Rouget, qui a grandement participé à ce que je suis. Ensuite, j'ai eu la chance de monter pour tous les grands entraîneurs, que ce soient Messieurs Fabre, Gosden, O'Brien... Ce sont des entraîneurs classiques. La réussite pour Monsieur O'Brien ces dernières années a été incroyable. Je ne veux oublier personne, il y en a eu beaucoup à m'aider pour atteindre ce cap. Je pense aussi aux lads du matin, avec l'entraîneur, c'est un ensemble, une équipe. Ce sont eux qui réalisent la recette et ensuite, pour le jockey, il faut être assis sur le bon."

Quel cheval vous a le plus marqué ? 

"Mishriff et St Mark's Basilica sont les cracks qui ont marqué ma carrière. Vision d'Etat, Spirit One, avec qui j'ai eu la chance de gagner l'Arlington Million très jeune, aux Etats-Unis, m'a marqué. C'est vrai qu'il y a eu de bons chevaux... "

Votre plus belle victoire ? 

"Je dirais le Jockey-Club de St Mark's Basilica. Quand on vient, trop facilement, trop tôt (rires), c'est grisant. Se dire qu'on a tellement de gaz, qu'il faut continuer à temporiser, à 400 mètres du poteau, ce sont de drôles de sensations. Si on fait ce métier, c'est pour vivre cela. C'est ce que tout jockey rêve de vivre. C'est en tout cas le mien. C'est ce qui me fait continuer. Venir avec des ressources en selle sur de tels chevaux, c'est jouissif. C'est une chance de monter des cracks. Je me souviens d'avoir monté Lope y Fernandez dans un Prix Maurice de Gheest, et aux 400, je tirais dessus ! Dans un Groupe I, c'est incroyable. Même si je n'ai pas gagné, j'ai eu de supers sensations. C'est un peu grâce à lui que j'ai pu monter les chevaux d'Aidan O'Brien ensuite."

Avez-vous des regrets ? 

"Je n'ai aucun regret. J'ai fait des choix, des bons et des mauvais. Je les assume et je suis content d'avoir fait ce que j'ai réalisé."

Une course qui manque à votre palmarès et que vous rêvez de remporter ?

"L'Arc, sans aucune hésitation."

Prenez-vous toujours autant de plaisir qu'à vos débuts ? 

"Cela a beaucoup changé. Comme dans tous les milieux. Celui qui ne s'adapte pas, il meurt. Je prends toujours autant de plaisir à aller aux courses. Je ne me suis jamais projeté sur la fin de ma carrière. Je m'intéresse au moment présent, et ce que je fais, je le fais à fond, parfois au détriment de mes filles, que je ne vois pas beaucoup. C'est un choix que j'ai fait, la vie de jockey est une vie à 100 à l'heure, au détriment de la vie de famille. Mais quand je peux être chez moi, je suis à 100% présent pour elles."

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