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Pierre-Alain Chereau « Deauville, c’est un meeting usant et excitant, qui offre de multiples opportunités. »

Faire le meeting jusqu’aux ventes et faire gagner un maximum les jockeys dont il a la charge. Pierre-Alain Chereau nous parle de cet incontournable qu’est Deauville et qu’il aborde cette année avec une nouvelle casquette.

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Ioritz Mendizabal, Ronan Thomas, Anthony Crastus (photo de une), Tony Piccone, Aurelien Lemaitre et Maxime Guyon ! Avec 6 pilotes dont 5 dans le top 11 Pierre-Alain Chereau est aussi l’un des agents les plus discrets. A cela plusieurs explications, dont l’une est géographique.

Autrefois basé à Chantilly, notamment quand il était le coach de Christophe Soumillon durant 8 saisons, dont celle de son record de 228 succès en 2013, Pierre-Alain s’est installé en Bourgogne-Franche-Comté voici quelques années. Si être agent de jockeys est un métier de contacts, de relations, il consiste aussi à suivre avec assiduité les performances des pur-sang sur les hippodromes pour dénicher les futurs gagnants. Dans un cas comme dans l’autre l’avènement du numérique facilite le « travail à domicile » et désormais en famille.

Jean-Claude Rouget, Pierre-Alain Chereau et Christophe Soumillon à Deauville 

 "Etre performant et constant est ce qui me tient le plus à coeur. Faire en sorte que chacun de mes jockeys soient contents de mon travail. Les voir aussi bien placé au sommet est ma plus grand récompense. Dorénavant, je travaille avec ma soeur qui m’épaule et m’apporte une véritable aide en tant qu’agent, cela aussi est une grande fierté pour moi."

Pour autant la saison hippique du galop s’articule autour d’un pivot incontournable, le meeting de Deauville Barrière.  S’il y a un avant et un après meeting, ce qui compte plus que tout c’est d’y être pendant. Pierre-Alain Chereau n’y déroge pas même s’il nous apprend sur la route qui le mène à l’hippodrome de la Touques, qu’il coiffe depuis peu une nouvelle toque, celle de restaurateur.

"J’ai ouvert un restaurant place des Cordeliers, en plein centre d’Auxerre. Mamma Giulia, c’est une brasserie de spécialités italiennes, je suis associé avec un ami, on fait un carton. Ça fait deux mois, on est plein tous les jours, c’est top ! On a pris nos c…. l’immeuble était abandonné on a tout refait. J’espère que cette prise de risque va payer comme cela j’arrêterai le métier d’agent dans dix ans… rire…non je vais encore m’amuser encore un peu"

Le meeting de Deauville place le galop au centre de l’Europe pendant un mois

Qu’évoque pour vous le meeting de Deauville Barrière ? 

"Le meeting de Deauville place le galop au centre de l’Europe pendant un mois. Cette unité de lieu et de temps permet de se retrouver ou de rencontrer des personnes que l’on ne voit pas le reste de l’année. C’est à la fois très sympathique et convivial tout en étant très exigeant en terme de compétitions surtout avec la présence des pur-sang venus d’outre-Manche. C’est l’opportunité de voir les plus belles courses, de croiser des champions, les prometteurs 2 ans, d’apprécier les courses en ligne droites que l’on ne voit peu le reste de l’année. Tout cela sans la contrainte des transports et dans un environnement très accueillant."

Le meeting permet de rencontrer un maximum de personnes en un minimum de temps

Le meeting est-il un « passage obligé » ?

"Oui c’est le seul, je vais passer une quinzaine de jours à Deauville. C’est non seulement très important en tant qu’agent mais c’est aussi un moment que j’adore…voir les ventes, les yearlings, voir les produits de ceux que l’on a connus en piste, comment ils évoluent à l’élevage. Je pars toujours après les ventes. Le meeting permet de rencontrer un maximum de personnes en un minimum de temps. Habitant à Auxerre depuis quelques années, tout déplacement aux courses est chronophage et puis je me sens plus performant chez moi. Pour étudier les courses, les outils numériques qui sont à notre disposition nous permettent d’être plus pointus pour trouver les chevaux qui peuvent nous faire gagner des courses. Sur un hippodrome notre attention est prise par ce qui se passe sur la piste, mais aussi par les personnes que l’on croise, il est difficile de rester concentré sur notre coeur de métier."

J’essaie d’être dans l’entraide plus que dans la concurrence avec les autres agents.

La compétition est-elle aussi exacerbée entre les agents de jockeys ?

"Je suppose…tout le monde a envie de propulser ses jockeys au plus haut niveau, de leur faire gagner les plus belles courses du meeting. Après je ne suis pas dans la rivalité, tout le monde doit gagner, ce métier n’est pas facile. J’essaie d’être dans l’entraide plus que dans la concurrence avec les autres agents. Il faut être reconnaissant du travail de chacun. On gagne tant mieux, ils gagnent…on perd, tant pis ! je serais le premier à leur dire bravo."

Pierre-Alain Chereau aux ventes Arqana, entouré de Bruno Barbereau et Hervé Naggar 

Entre les jockeys, les agents, les entraineurs, c’est là où tout peut évoluer, tout peut changer, les transferts c’est maintenant

Quels sont les points positifs d’être en meeting ?

"Le point positif c’est vraiment la communication, le fait d’être au contact des acteurs, de pouvoir diner avec certains, de nouer des relations privilégiées avec d’autres. De se créer de nouvelles affinités par la proximité des acteurs venus du monde entier. Ce coté «commercial » est très présent, même le matin pour mes jockeys qui vont pouvoir travailler pour des écuries venues en meeting ou des entraineurs deauvillais, chose qu’ils ne peuvent pas faire le reste de l’année en étant basés à Chantilly.  On dit toujours que le meeting de Deauville c’est là ou tout ce passe… Entre les jockeys, les agents, les entraineurs, c’est là ou tout peut évoluer, tout peut changer, les transferts c’est maintenant… Cette proximité, promiscuité, les rencontres… c’est la vie tout simplement. C’est un meeting usant et excitant, qui offre de multiples opportunités pour tout le monde." 

L’objectif Groupe 1 est léger, cela va être difficile de rivaliser contre les anglos-irlandais. Après avec de la chance...j’essaierai de la saisir

A quel moment un meeting est-il réussi ?

"Je ne me fixe pas d’objectif en terme de victoires, à part avec Christophe quand l’on courait pour le record. On essaie d’être le meilleur au jour le jour, de faire le maximum, il faut avant tout que tout le monde soit heureux et que les professionnels soient satisfaits des jockeys, de mon travail. On aimerait gagner des belles courses mais cette année je ne vois pas la gagne d'un groupe 1. A voir les engagements du Jacques Le Marois, le Maurice de Gheest on a du mal à le gagner. Aujourd’hui, les trois favorites du Rothschild sont anglaises… ça va être compliqué. Le Morny on n'arrive pas à l’avoir. Il ne reste plus que le Jean Romanet. Donc l’objectif Groupe 1 est léger, cela va être difficile de rivaliser contre les anglo-irlandais. Après avec de la chance, comme avec Ioritz l’année dernière, j’essaierai de la saisir mais avant le coup si l’on gagne listed, groupe 3, groupe 2 on sera ravi."

Pierre-Alain Chereau félicite Maxime Guyon à Longchamp

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