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Souvenirs de Japan Cup : Christophe Lemaire et ses 3 victoires

Il parle le Japonais couramment, en ville comme en piste. Cette année, le Français expatrié va tenter de s’offrir une quatrième victoire dans le Prix de l’Arc de Triomphe local : la prestigieuse Japan Cup, qu’il s’est déjà offert trois fois.

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Si l'on ne devait conserver que quelques noms de Français ayant brillé au Japon, sans doute retiendrait-on le journaliste d'investigation Jake Adelstein, et un jockey : Christophe Lemaire. Lauréat d'une première Japan Cup en 2009 associé à l'une des juments les plus emblématiques de l'histoire des courses japonaises, le frenchie a remis le couvert neuf ans plus tard avec la pépite du pays, la jeune Almond Eye, a qui il offrira sa dernière victoire deux ans plus tard, dans cette même épreuve de référence. Des souvenirs impérissables que le jockey a accepté de se remémorer avec Equidia à quelques jours d'un potentiel quatrième succès ? 

 

Vodka (2009)

"Je savais que je montais la meilleure du lot, simplement, elle avait un petit manque de tenue. Donc je savais qu'elle pouvait gagner par sa classe mais je savais aussi que ça allait être serré, parce qu'il allait lui falloir la course parfaite. Donc je savais qu'il fallait absolument que je ne bouge pas les mains ! D'ailleurs, je m'étais dit : "Tu pars, elle a assez de vitesse pour être bien placée et tu poses tes mains. Surtout tu ne bouges pas jusqu'à l'entrée de la ligne droite (rires) !" Il faut reconnaître que les 150 derniers mètres étaient difficiles parce que l'on gagne de peu. Donc je peux vous dire que derrière, les minutes sont longues ! D'habitude, la photo sort assez rapidement mais là ça durait, ça durait... Et je me disais : "tu ne peux pas être battu nez dans cette course-là, à nouveau !" Ça aurait été un crève-cœur !

Quand je la gagne avec elle, Vodka était une star. Moi je n'étais que le pilote. Mais le fait qu'elle la gagne enfin, pour le public japonais, ça représentait vraiment quelque chose. Donc j'étais content d'avoir pu contribuer à cette belle victoire !"

 

Almond Eye (2018, 2020)

"Avec elle, c'est bien différent parce que là, j'ai senti très vite que j'allais gagner. Quand je passe le poteau en tête, c'était du soulagement, la sensation du travail accompli et bien fait. Mais je savais que j'avais une jument d'exception dans les mains. À part le départ, la course de 2018 s'est très bien passée. Elle avait trois ans et portait 53 kilos, ce qui était un gros avantage. La course s'est super bien passée, la jument était détendue... Dans le dernier tournant, je savais que j'avais beaucoup de chances de gagner. 

La deuxième fois, c'était très différent. En 2020, j'ai profité de chaque moment sur son dos, du paddock au moment où je suis descendu, parce que je savais que c'était sa dernière course. La Japan Cup, c'était sa "Sayonara party". Donc j'ai profité de chaque moment. Bien sûr que j'espérais la gagner, et je savais qu'elle en avait les moyens, mais je voulais surtout qu'elle rentre "safe". Et après, au retour, c'était les adieux d'une championne. En plus, à cette époque, il y avait une jauge pour le public sur l'hippodrome, ce qui fait qu'il n'y avait que 2.000 ou 3.000 personnes dans les tribunes, contre 80.000 ou 100.000 d'habitude. Et ils n'avaient pas le droit de crier ni d'applaudir, à cause du Covid. Donc en fait, je me suis retrouvé devant une tribune parsemée pour le départ de LA championne japonaise, avec Deep Impact. Donc comme Manuela Jollivet l'a bien dit, ça faisait très "solennel" et franchement, c'était super beau."

 

"La course de 2020 était un très beau moment que j'ai vraiment savouré, plus qu'avec Vodka où je suis rentré avec un nœud dans le ventre, en me disant : "Oh non, il ne faut pas que je sois battu !" Du coup je n’en ai pas profité pareil, le plaisir n’était pas le même. Quand tu rentres d’une course comme ça avec le cheval vainqueur, tu vis 3 ou 4 minutes de folie parce que le public t’acclames ! Tu es sur ton cheval, au milieu d’une piste super large et face à une tribune gigantesque et c’est magnifique. Mais avec Vodka, je n'ai pas vécu ça. Ni avec Almond Eye la première fois, où je rentre face à une tribune clairsemée. Il n'y a vraiment qu'en 2020 que j'ai pu vivre ça."

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